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Interview avec Vincent ’Turtle’ Mercier, le meilleur francais des mondiaux...


Par Matt, le 13 octobre 2004

Il est du genre discret mais efficace, 20 eme des derniers mondiaux il a beaucoup de choses a dires et des avis toujours construits et reflechis sur notre sport, ce qui pour une tortue méritait bien un interview... !

Avant de commencer par des questions censées, il me semble qu’il y a un point à éclaircir : davantage de monde te connaît via ton surnom « Turtle » que par ton véritable nom, mais comment t’est venu ce surnom... ? !

Normalement l’origine de ce surnom est confidentielle mais je vais faire un effort : Au départ, c’est un surnom que l’on m’a donné quand j’étais gamin car j’étais très mauvais en course à pied (et d’ailleurs je le suis toujours !). Le surnom de Turtle est donc d’abord né d’une plaisanterie et il a ensuite été repris par les kayakistes très friands en général des surnoms un peu débiles. Enfin c’est un truc assez marrant qui m’a permis d’être tout de suite connu par les nouvelles personnes que je rencontrais. Comme tous les surnoms, le mien a sa part d’avantages et d’inconvénients mais de toute façon ça ne se discute pas !

Rapidement pour que tout le monde te situe : ton pedigree... ?

En dehors de Turtle, je suis également connu sous le nom de Vincent Mercier. J’ai 23 ans et je suis membre de l’Equipe des Pays-Bas depuis 2002. J’ai participé aux Prémondiaux et aux Championnats d’Europe 2002 (en me classant 74ième aux deux). En 2003, j’ai terminé 20ième aux Championnats du Monde à Graz et cette année je suis arrivé 18ième aux Championnats d’Europe à Sort. J’ai participé à de nombreuses manches d’Eurocup et je suis pour quelques semaines encore Champion des Pays-Bas en titre.

Actuellement tu es en pleine préparation des mondiaux mais tu as choisi depuis un certains temps de courir au nom de la Hollande, pourtant lors des derniers mondiaux tu étais devant toute l’équipe de France, qu’est ce qui te pousse a choisir de courir plutôt pour la Hollande ?

J’ai la chance d’avoir la double nationalité Franco-Néerlandaise grâce à ma mère qui est Hollandaise (et mon père Français). En 2002, j’ai commencé à beaucoup m’entraîner (ce que mes études ne me permettaient pas auparavant) et j’ai tenté de me sélectionner en Equipe de France et en Equipe des Pays-Bas. Malheureusement, j’ai raté les sélections françaises (j’étais pas très loin mais les meilleurs français étaient quand même un cran au dessus) et le week-end suivant j’ai réussi à décrocher une place dans l’Equipe Hollandaise (les meilleurs Hollandais étaient au niveau des Français mais ils étaient moins nombreux donc c’était un peu plus facile). Cette première sélection m’a permis d’acquérir une expérience au niveau international (avec les Pré-mondiaux et les Championnats d’Europe) qui était moyenne au niveau des résultats mais riche d’enseignements. En 2003, je suis revenu d’Angleterre où je m’étais beaucoup entraîné et j’ai décidé de participé uniquement aux piges hollandaises car je trouve malhonnête le fait de changer d’équipe pour profiter de certains avantages. De plus, je voulais continuer le projet que j’avais commencé à construire avec les Hollandais et je suis vraiment content du choix que j’avais fait à ce moment.

Au vu des derniers mondiaux, les Hollandais devaient êtres plutôt content de te compter parmi eux... !

Aux Mondiaux à Graz, j’avais à cœur de montrer que mon choix pour les Pays-Bas était un choix positif et non de facilité. Mon objectif était donc d’essayer de battre les Français engagés et en me classant 20ième j’ai réussi mon pari en les devançant tous.

Mais concrètement on a du mal a s’imaginer que la Hollande puisse offrir d’aussi bonnes conditions d’entraînements alors que niveau spots ils n’ont quasi rien, comment font-ils ?

C’est vrai que la Hollande est pauvre en spot (il n’y en a aucun, hormis l’océan). Les Hollandais qui partent avec un handicap au départ ont su tirer profit de leur situation désavantageuse : quand ils sont aux Pays-Bas, ils s’entraînent énormément sur le plat et un peu sur les vagues de la Mer du Nord ; par conséquent, ils ont la caisse physiquement et ils peaufinent leur niveau technique. Ensuite, dès qu’ils ont le temps, ils partent en week-end ou en vacances dans toute l’Europe et ils profitent des meilleurs spots d’une manière boulimique : ils font souvent trois séances par jour pour en profiter un maximum. Ils réussissent ainsi à naviguer toujours au meilleur endroit et ils bénéficient de lieux d’entraînements super variés. Enfin, pendant leurs séances les Hollandais arrivent à se contraindre à faire des exercices ou des entraînements types (un peu comme en slalom) avec des plans d’entraînement etc, ce que beaucoup de freestyleurs se refusent à faire.

On voit un essoufflement perceptible du Freestyle, notamment aux Etats-Unis ou le circuit rétrécit, la mode passe a ton avis ?

Je pense que l’on confond ici deux notions : celle de freestyle et celle de compétition : Au niveau du freestyle, je n’ai pas du tout l’impression d’un essoufflement et je pense qu’il y a de plus en plus de monde qui se fait plaisir à jouer avec l’eau d’une manière régulière ou occasionnelle. (En effet, en dehors des freestyleurs, beaucoup d’autres kayakistes se font plaisir occasionnellement en faisant un peu de rodéo).

Au niveau de la compétition, c’est à mon avis normal qu’il y ait de moins en moins de gens et ce pour différentes raisons : au départ du freestyle les compétitions étaient plus des rassemblements ludiques ou tout le monde pouvait participer et se faire plaisir. Aujourd’hui, on est rentré dans une logique de sport de haut niveau avec de fortes exigences techniques et physiques. Les compétitions ont des formats très spécifiques et il y a d’énormes différences entre les débutants et les meilleurs. Les compétitions sont donc devenues élitistes et je pense que c’est cette raison qui fait qu’elles ont moins de succès, d’autant plus que le freestyle regroupe beaucoup de personnes qui ont décidé de privilégier le coté plaisir et fun au côté élitisme et compétition. A l’avenir, je pense que l’on retrouvera deux catégories de personnes (que l’on commence déjà à distinguer aujourd’hui) : des compétiteurs, qui s’entraîneront avec rigueur et sérieux (comme les slalomeurs, avec plan d’entraînements, musculation, séances sur le plat, développement de routines...) et d’autres personnes qui pratiqueront l’activité comme loisir. Il va donc y avoir une sorte scission qui a d’ailleurs déjà commencé.

Personnellement, je n’ai aucun doute du fait que le loisir subsistera. Pour la compétition, c’est plus difficile de dire dans quelle direction elle va aller. Jusqu’à maintenant, les freestyleurs sont généralement des personnes issues d’autres disciplines du canoë-kayak (principalement du slalom et de la descente) et un grand nombre d’entre elles s’est dirigé vers le "rodéo" ou freestyle parce qu’il en avait marre des règles et des entraînements stricts et recherchait une activité plus fun. Ces personnes (pour la plupart) se caractérisent donc par leur refus du monde de la compétition avec ses normes et ses exigences. Je ne porte pas là un jugement de valeur sur le fait d’aimer ou non la compétition mais c’est un constat que je fais. Le monde du freestyle est donc parti d’une logique particulière où le fun l’emporte sur tout. On entend rarement un freestyleur dire "je vais m’entraîner et faire telle ou telle séance" mais plus généralement "je vais aller m’amuser et je vais envoyer du gros !". En résumé, les notions de travail et d’effort ne sont jamais mises en avant et c’est toujours le côté fun et plaisir qui l’emporte. Cette vision du freestyle est très "cool" mais le problème aujourd’hui c’est que pour être bon en compétition (au niveau international en tout cas), ça n’est plus suffisant de faire simplement du bateau pour se faire plaisir. Pour avoir des résultats, il faut vraiment s’entraîner de manière sérieuse et c’est la qu’il y a contradiction avec beaucoup des freestyleurs actuels. Le fait qu’il faille s’entraîner a été plus vite compris par les Hollandais et c’est une des raisons qui fait que je me sens bien dans l’Equipe. Les Français ont mis plus de temps à "se résigner" mais ils s’y mettent finalement et certains avec plus d’enthousiasme que d’autres. Je pense que le malaise actuel au niveau de la compétition vient de là, entre la différence entre ceux qui acceptent ses contraintes et ses exigences et ceux qui les refusent.

Personnellement, j’ai fait le choix de la compétition avec ses normes et ses exigences et je ne blâme pas ceux qui choisissent de naviguer uniquement pour le plaisir. En revanche, je pense qu’il faut être cohérent dans sa démarche : ou bien on dit qu’on est prêt à s’entraîner avec toutes les contraintes que cela sous-entend (mais également avec d’autres plaisirs comme le fait de progresser physiquement et techniquement et avoir des résultats aux compétitions), ou bien on fait du bateau uniquement pour le plaisir mais sans exigence en matière de résultats sportifs. Ce que je veux dire par-là c’est que les deux voies sont louables mais qu’il faut faire un choix. Il y a quelques années, le freestyle offrait la chance de ne pas trop avoir à faire ce choix mais celui-ci va se faire de plus en plus pressant dans l’avenir. Ce qui va être intéressant à observer, c’est ce que va décider de faire la nouvelle génération de freestyleurs qui ont directement commencé le kayak avec le freestyle. En gros, on peut se demander si l’esprit "cool" (même s’il subsistera toujours un peu dans le freestyle d’après moi) continuera à être l’essence même du freestyle ou bien au contraire si le freestyle tout entier va devenir une discipline de compétition comme le slalom où il n’existe pratiquement aucun participant qui ne fasse pas de compétition et ou le but premier est le résultat sportif.

Beaucoup estiment qu’un nouveau règlement est la solution. Qu’en penses-tu, et par exemple le règlement élaboré par la Commission Nationale te semble t’il pertinent pour la discipline et à titre personnel penses-tu qu’il puisse servir ta navigation ?

C’est intéressant de parler du nouveau règlement français. Si j’ai bien compris, celui-ci avait plusieurs objectifs :
-  Un des objectifs était un but de simplification pour faciliter le jugement et donc l’organisation des compétitions. A mon sens celui-ci est atteint.
-  Un autre était de rendre les compétitions plus spectaculaires (pour le public). Le but était de plus varier les figures pour rendre les runs moins répétitifs.

A mon avis cet objectif n’est pas vraiment atteint : je trouve les runs beaucoup moins denses qu’auparavant (ce qui nuit au spectacle) et d’autre part le public finalement n’est pas plus impressionné (quelle différence pour un néophyte entre cinq cartwheels et un tricky-woo ? Quel est le plus spectaculaire pour lui ? A mon avis c’est pareil). Enfin ceci est à nuancer en vague où le nouveau règlement est plus adapté. Enfin, le dernier objectif était (il me semble) de relancer les compétitions en rendant les courses plus fun et en tentant de réconcilier les freestyleurs funs avec les compétitions. C’est là que le nouveau règlement me gène le plus : En gros, j’ai l’impression que le raisonnement de ce règlement est de dire aux gens que c’est fini le temps où il fallait envoyer le plus de figures possibles avec régularité mais que maintenant il suffit d’envoyer que du gros et on gagne. Cela me gêne profondément car c’est pour moi rentrer à nouveau dans le mythe du freestyleur qui passe des grosses figures en claquant des doigts, sans entraînement ni effort. Le nouveau règlement occulte une grande partie de la partie physique du freestyle. Je pense qu’il peut convenir aux compétitions en vague (car ce qui prime c’est d’envoyer les figures une par une en se remplaçant entre deux) mais pas en rouleau où pour moi ce qui prime c’est d’enchaîner sans jamais s’arrêter (en enchaînant y compris des grosses figures). Le nouveau règlement a pour but de favoriser les nouvelles figures et dans ce sens il est novateur mais il est pour moi baser sur une logique d’arrière-garde dans la mesure où il est construit sur le mythe du "freestyle cool" révolu aujourd’hui au niveau de la compétition.

En résumé, je n’aime pas vraiment ce nouveau règlement car il ne correspond pas à ma conception de ce qu’est une compétition de freestyle en rouleau (en vague c’est différent) et surtout je ne pense pas qu’il soit la solution à l’essoufflement des compétitions car comme je l’ai expliqué plus haut celui-ci ne vient pas d’un problème de règlement mais d’un problème de mentalité des freestylers à l’égard de la compétition.

Pour toi dans l’avenir on va peut être assister à la distinction de deux pratiques différentes de ce que l’on appelle aujourd’hui le freestyle si je comprends bien ?

Au sujet de l’avenir du freestyle, j’ai l’impression qu’il va y avoir de plus en plus de différence entre la vague et le rouleau : le matériel est de plus en plus différent, les qualités nécessaires à ces deux pratiques sont de plus en plus spécifiques (plus athlétiques en rouleau et plus acrobatiques en vague) et les règlements pour les juger commencent à se différencier. La question est de savoir s’il va y avoir une scission entre les deux. En ce moment, il faut avouer que la vague a le vent en poupe car elle est nettement plus spectaculaire. D’un autre côté, c’est un peu un mythe car les grosses vagues qui permettent de passer les dernières figures sont assez rares. Parallèlement à ce phénomène d’accentuation de la différence vague/rouleau, on peut observer qu’il y a une différence de niveau de plus en plus grande entre le freestyleur moyen et les stars des magazines. La question que l’on peut se poser pour le futur est de savoir si les freestyleurs moyens ne vont pas décrocher du freestyle qui ne sera plus alors qu’uniquement constitué par une centaine de professionnels surdoués. C’est difficile de prévoir l’avenir mais ce dont je suis certain c’est qu’il va falloir faire un réel effort au sujet de l’apprentissage et de la structuration de la discipline.

Le kayak freestyle n’a pas encore atteint sa maturité et il est en constante évolution mais si ça désoriente parfois, c’est plus souvent enthousiasmant car il reste plein de nouvelles choses à construire et à inventer et c’est une chance de pouvoir y participer.

Les gens qui te connaissent savent que tu es fin technicien au niveau des bateaux, quel est à ton avis la dernière innovation au niveau des calages ou de la forme vraiment marquante ?

Je me pose souvent la question de savoir quelles seront les prochaines innovations au niveau du matériel et j’avoue que depuis deux ou trois ans, pas grand chose de révolutionnaire n’est sorti. Toutes les formes actuelles sont plus ou moins des perfectionnements d’autres déjà existantes. Une des dernières formes qui m’a surpris a été le Vibe qui pour moi a apporté de nouvelles idées. Sinon pour les autres bateaux, pas grand chose de nouveau, si ce n’est le fait qu’il faille souvent choisir entre une forme plutôt vague ou rouleau et une tendance à plutôt rebondir ou bien à aller vite et carver. J’adore mon bateau (un Twin-Tip) car il offre un super comportement en rouleau et en vague. Il permet de naviguer aussi bien en utilisant le rebond que la vitesse. Cette année, un autre bateau m’a bien plût en offrant le même genre de compromis : il s’agit du ZG. Ce que j’aime dans le Twin-Tip et dans le ZG c’est qu’ils sont tous les deux super polyvalents en conservant du caractère.

On assiste a une relative homogénéisation des bateaux disponibles quel pourrait être selon toi les prochaines pistes en matière d’innovation ?

Au sujet des innovations, j’attends beaucoup de l’Amerlite de Robson. C’est un nouveau procédé de construction qui remplace le plastique de nos bateaux par une matière qui allie les qualités de légèreté et de rigidité de la construction en composite avec la résistance à l’abrasion du plastique. Présenté comme ça, ça à l’air parfait et je suis pressé de vérifier si cette nouvelle matière tient ses promesses.

Tu as d’excellents résultats aux mondiaux, tu es présent en Eurocup et pourtant on te voit peu dans les magasines, sur le net ou en vidéos à l’heure ou beaucoup en Freestyle se bâtissent de véritable plan média même s’il n’y a pas grand-chose a attendre du milieu. Choix personnel, pas de plan de carrière dans le kayak, allergique au crépitement des flashs, pas de réseaux... Comment cela se fait-il ?

Le premier élément de réponse est que je navigue d’abord parce que j’adore ça et mon but premier est de bien naviguer et de me faire le plus plaisir. Je ne navigue pas pour être une star ou pour en faire mon métier.

D’un autre côté, c’est toujours sympa de partager ce que tu fais en kayak et il y a plusieurs manière de le faire d’après moi. J’adore discuter avec les gens sur les bords des bassins et rivières. J’aime bien discuter du matériel ou d’une technique pour faire une figure particulière. Je suis sponsorisé par Robson mais je ne fais pas tout un battage sur le net ou ailleurs pour vendre les bateaux. Je préfère simplement expliquer ce qui me plait à propos de mon matériel et laisser la possibilité aux gens d’essayer et ainsi ils peuvent faire leur propre choix. Il m’arrive même de conseiller d’autres bateaux que les Robson lorsque je vois qu’ils ne sont pas adaptés aux types de pratique ou au gabarit d’une personne.

Au niveau web, ça me fait toujours plaisir d’apparaître et de contribuer mais je ne fais pas du kayak directement pour ça. J’ai envie de faire un peu plus de photos et vidéos mais je me rends compte que c’est un vrai boulot qui prend du temps. Pour l’instant je n’en ai pas trop et je privilégie surtout le bateau en m’entraînant tous les jours ce qui n’est pas évident sachant que je travaille également.

Pour les magazines, c’est un peu la même chose, il faut vraiment pouvoir être disponible au bon moment. En plus, c’est vrai que l’on ne pense pas spontanément à moi et c’est un peu normal car je suis un peu atypique : je suis plus axé sur la compétition et mon but n’est pas forcément de réaliser les figures les plus spectaculaires, je suis dans l’Equipe des Pays-Bas ce qui est un peu compliqué à comprendre et j’ai pas mal bougé les deux dernières années entre Lyon, Montpellier et Nottingham.

Pour en revenir aux prochains mondiaux, il va falloir que tu gagnes dans quelques semaines les Championnats des Pays-Bas. Es-tu confiant pour cette compétition ?

C’est vrai que les Championnats des Pays-Bas vont être très serrés. J’ai trois concurrents qui sont particulièrement forts : Remi Wegmam qui est vice-champion d’Europe en titre et qui est déjà sélectionné pour les mondiaux, Casper Van Calmthout qui a terminé troisième de la Coupe d’Europe cette année et René Boom (notre entraîneur) qui est toujours en embuscade. Pour les Championnats du Monde, tout se jouera entre Casper et moi (Remi est déjà pris et René est entraîneur donc il ne participera pas). Casper est très fort et techniquement il est un peu meilleur que moi mais j’ai l’avantage du terrain (Ndlr : les piges auront lieu à Sault Brénaz) et j’espère le battre sur la régularité.

Anticipons un peu aux mondiaux quelles seront tes objectifs ?

Si je vais à Sydney, mon objectif sera d’atteindre au moins les quarts de finale voir les demi (j’ai terminé 20ème à Graz donc il faut que j’essaye de faire mieux mais ça ne va pas être facile !). Si je ne suis pas sélectionné, je n’en ferai pas un drame car je me consolerai à partir en Ouganda ou ailleurs. Dans tous les cas, j’ai de bonnes perspectives pour le mois de janvier et donc pour l’instant je me concentre sur les Championnats des Pays-Bas où je compte faire bonne figure.

Après les mondiaux tu continues à enchaîner entraînements et compétitions ou tu comptes changer ta façon d’aborder le kayak en naviguant plus pour le plaisir sans contrainte ou en allant à l’autre bout du monde chercher les gros spots, ou en montant d’autres projets ?

Je pense qu’effectivement, je naviguerai plus pour le plaisir, c’est à dire que j’aimerais faire plus de rivières et je vais essayer de voyager plus (pour le moment, je connais pas mal l’Europe mais j’ai envie de découvrir des horizons plus lointains). Cependant, je continuerai quand même un peu à m’entraîner l’année prochaine et à faire des compétitions car ça me plait vraiment et je voudrais en profiter pendant que j’ai encore un peu le temps : je terminerai mes études fin 2005 et ensuite je pense que j’aurai plus de mal à naviguer régulièrement. Enfin je n’en suis pas encore là donc pour l’instant j’en profite un maximum !

Une dernière question plus personnelle, le fait pour quelqu’un de jeune de conduire un break Citroën (qui plus est le même que Jean Claude Convenant), n’est ce pas trop handicapant pour les filles... ?

Je vois que certains sont jaloux ! Je voudrais tout de même préciser que contrairement à Jean-Claude, je n’ai pas installé de bouliers sur les sièges (j’attends qu’il y ait une offre spéciale avec un volant sport pour me l’acheter). J’avoue quand même qu’un break Citroën, c’est pas bien sexy à l’extérieur mais c’est très confortable à l’intérieur, surtout le coffre !

Matt

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