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Uganda’s feeling


Par Matt, le 20 septembre 2004

Il est des noms de rivières et de pays qui ne laissent pas indifférents et vous donnent de suite l’envie de partir. A voir également la fiche pratique et les photos.

« Ouganda ». Bien souvent ce nom évoque le Rwanda voisin et son génocide ou encore la dictature sanguinaire d’Amin Dada. Or le pays depuis maintenant 10 - 15 ans est pacifié et se reconstruit lentement, pourtant les occidentaux qui s’y rendent sont rares. « Le Nil » autre nom magique, berceau de la vie humaine sur terre, fleuve majestueux trouve ici une des ses sources, au fond du Lac Victoria à Jinja, Ouganda.

Décollage à Nile Special

Lorsque Jay débarqua à Lyon avec ses images et ses récits du Nil Blanc on a vite compris que ce billet d’avion il allait nous le falloir rapidement. Ca ne parlait que des grosses vagues, de gros volumes, de gros rouleaux, de paysages grandioses, de débits constants... le rêve ! Il fallait en avoir la certitude, et pour ça pas le choix...

Départ de Lyon, périf et embouteillage, un petit au revoir à Hawai Sur Rhône et nous voilà dans l’avion. A peine sortie de l’aéroport, à Entebbe, même de nuit vous êtes tout de suite plongé dans l’ambiance y’a pas de problèmes vous êtes en Afrique !! Les routes sont défoncées, engorgées de taxis collectifs, mobylettes, vélos, piétons, l’ambiance est chaude et humide, et malgré l’heure tardive et la nuit vous croisez des milliers de petits commerces tous ouverts pour une foule incroyablement dense et grouillant dans tous les sens. Vous étiez prévenus : fini l’occident, welcome Africa !!

Tout premier séjour en Ouganda commence au Camp de Nile River Exporer à Budjagali Falls prés de Jinja. C’est le plus gros camp le long du parcours on y croise pas mal de monde et il dispose de tout pour bien s’installer et organiser ses journées. Bizarrement là bas on ne croise quasi exclusivement que des pagayeurs Irlandais et quelques anglais ce qui rend les soirées difficiles car ces fichus anglos saxons ont une culture de la bière bien encrée et sont redoutablement entraînés ! Pour les frenchies mieux vaut donc être en forme, et au clair avec son anglais. Le pays est anglophone, les pagayeurs aussi.

l’aspect le plus dangereux du pays !

Toute la navigation se divise en deux parties Day one et Day two, le premier est plus gros volumes/gros rapides, le second plus orienté playboating. La rivière ne cesse de se séparer en plusieurs bras, certains infranchissables, d’autre commercial, et d’autres demandent de bien connaître la ligne car toute reconnaissance est impossible. Il est d’ailleurs impossible de porter la plupart des passages. Pour notre première descente on a donc choisi d’accompagner les rafts ce qui permet de suivre les safety boater locaux toujours prêt à t’envoyer dans les plus gros rouleaux. Le parcours alterne gros passages et longs plats qui sont l’occasion de profiter de la végétation et de manger quelques ananas ou mangues. C’est incroyable la vie que l’on rencontre au cours de la descente, des parties coincées dans la forêt où les singes, varans, serpents et araignées colonisent les bords et les arbres, aux parties plus calmes où les enfants se baignent, se lavent, pêchent, où les gens cultivent les berges sans oublier les centaines de milliers d’oiseaux qui ne vous quittent jamais tout au long du séjour.

On constitue vite l’attraction locale !

Les rapides et le gros volume mettent d’entrée la pression, c’est gros... très gros et faut y aller pas le choix même si on est trois à avoir compris trois traductions différentes de la ligne à prendre il faut se lancer. Habitués d’Hawaï les grosses vagues on connaît mais là c’est un autre monde, certains passages comme Total Gunga qui est composé d’une succession de vagues immenses tantôt lisses tantôt très fermées il faut slalomer au milieu de tout ça parfois en passant sous les rouleaux à la Steve Fischer, le tout sans oublier de prendre les vagues surfables ! ! Une fois la première descente terminée, après avoir bien mémorisé les passes on peut se lancer seul sur le parcours, et là en fait les difficultés commencent avant même d’embarquer : la négociation avec un pilote local de boda boda de l’heure et du lieu de rendez vous de la navette, les prix fluctuant selon l’humeur, la météo et aucuns n’a de montres ! Chaque descente est donc l’occasion d’amuser les enfants du village en attendant pendant parfois une heure nos chauffeurs. Une fois embarqué sur l’engin c’est parti pour un rallye acrobatique à toute berzingue dans la forêt le kayak dans la mâchoire les pieds sur le pot !

Embarquement à Hairy Lemon

Après avoir bien exploité le jour 1 et ses rapides, l’envie se fait vite sentir de tater de l’aerial. Et pour ça rien de mieux qu’Hairy Lemon, un île sur le Nil, à 10 minutes de pagaies de Nile Special. C’est un monde parallèle où le temps s’est arrêté ; si dans le premier camp le mot d’ordre est bière, fête et kayak ici c’est kayak, repos, et cuisine élaborée. L’île n’a ni eau courante, ni électricité, le téléphone portable est posé sur un poteau au sommet de l’île seul endroit où l’on capte, tout marche au ralenti et Rob et Lisa cultivent cette douceur de vivre et cette atmosphère reposante. Les journée frôlent le rêve absolu, navigation à Nile Special vers 7h00 avant que le niveau monte retour à l’île, petit déjeuner seconde séance vers 9h, puis repas, sieste, sieste et troisième séance, ce en fin de journée avant de finir par le repas du soir, le tout les pieds sous la table et cuisine sud Africaine ! Elle est pas belle la vie, c’est du roots man... ! Nile Special est la vague la plus rapide du parcours et la plus radicale, la preuve en est les pagaies et bateaux cassés par les youngs guns et Steve Fisher qui trônent à Hairy Lemon. Ils sont venus avec 12 pagaies et repartis avec... aucunes ! Radical je vous dis !

11 places : 16 personnes, 14 kayaks...

Pour finir le séjour retour à Budjugali Falls, afin de reprendre contact avec la civilisation avant de reprendre l’avion et de faire le jour 2... On prend vite le rythme Ougandais tout comme on s’habitue vite à ne centrer ses journées que sur le kayak, rien d’autres à faire du tout : ni intendance, ni télé, ni téléphone tout est là, à disposition pour ne se concentrer que sur le kayak même pas besoin de conduire une voiture ! Les seuls inconvénients étant peut être les petits désagréments causés par nos estomacs d’occidentaux habitués à la nourriture sous cellophane, et le fait que les kayakistes soient tous anglos saxons il est parfois difficile d’évoluer dans cette ambiance même en se débrouillant en anglais c’est usant à la longue.

L’Ouganda est cependant une destination incroyable à 7H30 de vol de chez nous, la navigation y est d’une qualité exceptionnelle pour qui aiment le gros volume et le playboating mais surtout c’est l’occasion aussi de partir à la rencontre d’un pays, d’une population, d’une civilisation totalement différente. Naviguer, découvrir et s’enrichir... que demander de plus ? En tous les cas nous c’est sur on y retournera.

matt@skrt.net


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